Réduction des ruptures de charge – réponse de la STIB à la motion de la Commune d’Uccle

Débat parlementaire au sujet de la réponse de la STIB à la motion de la Commune d’Uccle relative à la réduction des ruptures de charge.

photo : A J Burgess

M. le président.- La parole est à Mme Delforge.

Mme Céline Delforge.- La commune d’Uccle vous a adressé ainsi qu’à la STIB une motion demandant la suppression des ruptures de charge des lignes 3, 23 et 24. Cette demande entre en concordance avec l’esprit de l’accord de gouvernement de notre Région qui prévoit que « le plan tram-bus sera revu afin de limiter au maximum les ruptures de charge et d’améliorer la desserte des quartiers ».

La STIB a répondu par lettre à cette motion par l’annonce, pour 2011, du dépôt d’un nouveau projet d’aménagement de l’avenue Churchill entre la place Vanderkindere et la chaussée de Waterloo. Si la situation actuelle, à savoir un terminus sur le rond-point Churchill, présente des problèmes de sécurité importants (en particulier pour les piétons), la solution d’une troisième voie sur l’avenue Churchill à hauteur de la place Vanderkindere pose également une série de problèmes.

De la même façon, alors que le terminus actuel comprend deux voies centrales et deux voies latérales, il arrive fréquemment qu’un tram de la ligne 3 soit bloqué par un autre de la ligne 23 ou 24 qui effectue un demi-tour, ou que le 3 parte en retard pour assurer la correspondance avec un 23 ou un 24 lui-même en retard. Le but initial de la scission de la ligne était de permettre une grande fréquence de la ligne 3 pour rejoindre le tunnel Nord-Midi où une fréquence se chiffrant à toutes les trois minutes avait été promise, qui se serait appuyée sur l’alternance des lignes 3 et 4.

Une solution simple serait donc de supprimer la rupture de charge. La proposition de réaménagement d’un terminus sur la place Vanderkindere devra prendre en compte les gros problèmes de sécurité que l’endroit présente pour les piétons. Les précédents épisodes liés à ce dossier ont abouti à un climat de méfiance de la part des habitants du quartier envers la STIB.

Plusieurs questions se posent dans ce dossier.

- En plus de la réponse signée par la STIB, une réponse émanant directement du gouvernement a-telle également été adressée à la commune d’Uccle ? – Le projet en voie de dépôt implique-t-il un nouvel abattage d’arbres sur l’avenue Churchill ? – Des alternatives à la troisième voie à hauteur de la place Vanderkindere ont-elles été sérieusement étudiées, et si oui, lesquelles ? – Ce projet prévoit-il le déplacement de certains quais de tram se trouvant à l’arrêt Vanderkindere ? – Quels sont les aménagements qui permettront de sécuriser la place pour les usagers faibles ? – En quoi l’aménagement envisagé améliorerait-il les conflits entre les trams des lignes 3, 23 et 24 ? – Quels modes de concertation ont été prévus tant avec la commune qu’avec les riverains afin de rétablir un dialogue réel ?

M. le président.- La parole est à Mme Grouwels.

Mme Brigitte Grouwels, ministre.- La lettre qui a été adressée par la STIB à la commune a bien été réalisée en concertation avec mon cabinet et est conforme aux instructions que j’ai données à Bruxelles Mobilité et la STIB pour la finalisation du dossier.

Le projet que j’ai demandé à mon administration et la STIB de préparer prévoit l’abattage de tous les arbres de l’avenue Churchill et leur replantation (sauf, bien entendu, les arbres récemment plantés aux abords des nouveaux quais de la STIB).

Cet abattage n’est en rien lié aux projets de la STIB. Il répond à une nécessité du point de vue de la sécurité, vu l’état de santé de nombreux arbres et ma volonté de rétablir une perspective paysagère cohérente de l’avenue. Cette replantation permettra de donner aux nouveaux arbres un espace plus approprié à leur développement harmonieux.

La « troisième voie » qui doit être posée dans l’avenue Churchill à hauteur de l’arrêt Vanderkindere n’est pas une voie de dépôt, mais une simple voie de passage pour les trams 3 venant de la ville. Cette voie permet aux clients des trams une correspondance de quai à quai avec le tram de la ligne 23 (prochainement rebaptisée 7), soit des conditions bien plus sûres et confortables que le dispositif actuel.

Je vous rappelle que sous la précédente législature, de nombreuses alternatives ont été étudiées. Chacune de celles-ci présentait des inconvénients majeurs, qu’il s’agisse de devoir poser des voies dans des rues voisines, démultiplier le nombre de passages de trams au carrefour Vanderkindere ou transformer à grands frais la station de prémétro Albert.

Mon prédécesseur et moi-même avons déjà eu à de nombreuses reprises l’occasion d’expliquer que la solution qui vous semble si simple, à savoir de fusionner le tram 23 et le tram 3, n’est, en réalité, pas praticable. En effet, il est totalement impossible d’assurer que le tram 23 en provenance du Heysel respecte parfaitement son horaire à son arrivée à Vanderkindere, ce qui est la condition sine qua non du passage dans le tunnel Nord-Midi. En outre, il serait nécessaire d’exploiter pour ce faire la totalité de la ligne 23 avec des trams de type T-4000. Or, la STIB ne dispose pas d’assez de trams de ce type pour assurer un tel service en complément de l’affectation de trams T-4000 à la ligne 4. Par ailleurs, plus personne ne souhaiterait aujourd’hui remettre en question l’actuel tram 4 dont le succès n’est plus à démontrer (d’où le passage au T-4000 pour l’exploitation de la ligne).

Il va de soi que des aménagements visant à mieux sécuriser les piétons sont prévus au carrefour Vanderkindere. Ces projets d’aménagements sont encore actuellement en voie de finalisation.

Le futur fonctionnement tel que projeté ne résoudra pas totalement les conflits entre les trams des lignes 3 et 23, mais améliorera sensiblement la situation. L’amélioration de la régularité et de la ponctualité des trams de la ligne 23 reste un défi prioritaire et majeur. C’est pourquoi la Région a investi dans la télécommande des feux de signalisation et proposera prochainement le projet de réaménagement de la chaussée de Waterloo entre l’avenue Legrand et l’avenue Churchill. Les projets pour l’avenue Churchill seront, bien entendu, présentés à la commune d’Uccle dès leur finalisation et feront l’objet des procédures d’enquête publique et de concertation lors de la demande du permis d’urbanisme.

M. le président.- La parole est à Mme Delforge.

Mme Céline Delforge.- La logique qui sous-tend votre réponse n’est pas claire. Actuellement, la future ligne Chrono 7 est scindée pour améliorer la fréquence et la régularité de la ligne 3. Or, cette régularité n’est pas assurée sur le tronçon Nord-Midi. Par conséquent, l’intérêt de la correspondance n’est pas avéré.

Par ailleurs, la STIB nous annonce la fusion des lignes 23 et 24 en une ligne Chrono 7 qui serait plus performante. Cela permettra-t-il de corriger les retards des lignes 23 et 24 ? Si la STIB se fixe de bons objectifs de sites propres et de performances, avec des lignes certifiées Chrono, il ne devrait plus y avoir de problème et il ne serait, par conséquent, plus nécessaire de scinder les lignes. Cela permettrait d’épargner des coûts d’infrastructure et des désagréments aux voyageurs, qui ne seraient plus obligés de changer de véhicule. Sans parler des habitants du quartier concerné, qui seraient probablement ravis de ne plus devoir accueillir un terminus. La décision d’abattre les arbres est quelque peu surprenante, sachant que les dernières analyses ont établi que seuls huit à dix d’entre eux étaient considérés comme malades. L’intérêt d’abattre tous ces arbres suscite la controverse.

L’argument de la rupture de charge, qui a été intégré dans le nouveau plan tram-bus sous la précédente législature, est peu convaincant. D’autant plus que la régularité promise n’est pas assurée. Par ailleurs, l’accord de gouvernement prévoit de revoir le plan tram-bus afin de limiter les ruptures de charges.

M. le président.- La parole est à Mme Grouwels.

Mme Brigitte Grouwels, ministre.- Si nous parvenons à diminuer sensiblement le trafic automobile dans notre Région, nous pourrons revoir certaines choses et tenter de trouver une solution pour la jonction Nord-Sud. Nous pourrons alors répondre au souhait des voyageurs en revenant vers de longues lignes de tram, sur lesquelles il est possible d’assurer la régularité. Entre-temps, nous voulons investir dans des points de rupture de charge aussi confortables que possible.

- L’incident est clos.

Extrait du compte-rendu intégral de la commission Infrastructure du 16/02/2011 du Parlement bruxellois (pp. 37-41)

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>

Current day month ye@r *