A quand la fin du carnage ?

accidentlouise

Ce dimanche matin, avenue Louise, une chaussure, seule, au milieu de la chaussée. Entourée d’une marque destinée à mesurer la distance qu’elle a parcouru dans les airs.

Piéton, cycliste ou motard, je ne sais rien de son propriétaire. La voiture qui l’a renversé était là, feux de détresse allumés, le tronçon bloqué par la police pendant que les experts effectuaient leurs relevés.

Appétit coupé, envie de pleurer mais aussi colère. Colère parce que hier, c’était un motard à 300 mètres de chez moi et mercredi un enfant de trois ans à Molenbeek.

Colère parce que la délinquance routière à Bruxelles est la norme. Parce que respecter le cinquante à l’heure, s’arrêter quand le feu passe à l’orange, ressemble plus à un choix qu’à une obligation tant le risque de se faire sanctionner est faible.

Colère parce que quand des contrôles de vitesse sont effectués à certains endroits et qu’on y constate que la majorité des voitures roulent trop vite, on ne prend aucune mesure. Quand bien même des traversées piétonnes s’y trouvent.

Colère parce que rouler sur une piste cyclable, s’y garer ou casser la gueule à un cycliste n’entraîne généralement aucune sanction.

Colère parce qu’il est normal de pianoter sur son smartphone ou de le coincer entre son épaule et son oreille pendant qu’on conduit.

Colère parce que signaler les endroits dangereux aux autorités n’y change rien.

Colère parce que quand la police transmet ses PV au parquet, il n’y a pas automatiquement de suite.

Colère parce qu’avant de se prendre une amende pour stationnement dangereux, il faut vraiment avoir la poisse.

Colère parce que sur cette même avenue Louise, des écrans publicitaires animés, en infraction au code de la route ont poussé comme des champignons à côté de chaque passage clouté et que la seule réaction de la Ville de Bruxelles est de délivrer en urgence des permis pour les rendre légaux au lieu de les faire enlever manu militari.

Alors peu m’importe de savoir si derrière le volant se trouvait un automobiliste distrait, saoûl ou un fangio. Ou même si l’usager faible était en tort. Parce que tant que le Gouvernement régional et les communes ne prendront pas massivement les mesures préventives et répressives qui s’imposent pour sécuriser l’espace public, c’est là qu’il faudra chercher les premiers responsables de ces vies brisées.

Demain midi, le Parlement bruxellois accueillera dans ses murs un déjeuner de la sécurité routière. J’anticipe les discours politiques satisfaits des mesurettes en cours. Car il y a fort à parier que personne ne se présentera pour présenter la liste des actions qu’on se refuse d’entreprendre, des sanctions qu’on refuse d’activer. Mais quand les gestionnaires de voirie se sentiront-ils enfin responsables des conséquences de leur non-gestion de l’espace public ? Faudra-t-il que l’un d’eux se retrouve devant un tribunal ?

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