La mobilité : une clé pour l’avenir de Bruxelles

La Mobilité ne se limite pas à une question de déplacement vers une destination. C’est une question sociale, économique et environnementale.

Si la résolution des problèmes de mobilité ne constitue pas la réponse à tous les défis pour Bruxelles, elle en est la condition nécessaire et représente un formidable levier politique.

Bruxelles est congestionnée, ses transports en commun sont bloqués par le trafic routier, certains quartiers manquent cruellement d’une desserte efficace en transports publics, ses habitants mettent parfois plus de temps pour rejoindre leur travail dans la Région que certains de leurs collègues habitant en province, la pollution liée au trafic met en danger la santé des plus faibles et les problèmes liés à l’accessibilité de ses entreprises pèse sur l’économie.

Cette Bruxelles-là ne peut lutter contre :

- l’exode des ménages,
- la mauvaise qualité de son air et les problèmes de santé qui en découlent,
- la dégradation de son attractivité économique,
- les problèmes de sécurité routière,
- la saturation des transports publics qui augmente avec le boom démographique,
- des dépenses pour les transports publics et les infrastructures qui augmentent perpétuellement sans apporter de réelle amélioration de la qualité des déplacements.

Enfin, Bruxelles est amenée à financer presque seule les transports publics et voiries qui servent aux Bruxellois mais également aux 370 000 navetteurs qui s’y rendent et y travaillent chaque jour sans contribuer à son budget.

Si le slogan « il faut plus de transports publics et plus efficaces » est repris par les partis de tout le spectre politique, aucune piste concrète n’est avancée. A part une incantation à « plus d’argent pour la STIB » mais sans dire pour quoi faire ou un fantasme du métro qui résoudrait tout alors qu’on sait pertinemment que c’est une solution impayable, impossible à mettre rapidement en place et qui entraîne une série d’effets pervers, ceux-là ne disent pas comment y arriver.

Pourtant, Bruxelles a toutes les cartes en main pour passer d’un cercle vicieux à un cercle vertueux. C’est une question de volonté et de courage politique bien plus que de moyens budgétaires.

1° une requalification de l’espace public au bénéfice des piétons, des cyclistes, des transports publics mais également de la convivialité

Aujourd’hui encore, le moindre réaménagement prévoyant un meilleur passage des transports publics, des pistes cyclables, des cheminements piétons confortables et sécurisés ou de la verdure mobilise contre lui les forces conservatrices.
Celles-ci dépensent une énergie considérable à agiter la peur du manque de stationnement, à revendiquer le déplacement en voiture comme un droit fondamental avec comme principal argument que la voiture est indispensable parce qu’il n’y a pas d’alternative et qu’ils ne changeront leurs habitudes que quand les transports publics seront efficaces. Ce type de logique est mortifère : refuser d’améliorer les transports publics sous prétexte qu’ils ne seraient pas assez efficaces revient à dire qu’on refuse le transport public. D’ailleurs, il est faux de dire que les transports publics sont particulièrement inefficaces : ils ne le sont pas assez mais c’est également le cas des autres moyens de transports dans une région congestionnée et mal aménagée (de nombreuses études ont d’ailleurs montré que les gens qui n’utilisent pas le transport public sous-estiment généralement son efficacité).

Une amélioration du confort et de la sécurité pour les vélos se traduit très rapidement en augmentation du nombre de cyclistes. Ce mode de déplacement a un énorme potentiel de diminution de la congestion, de la pollution et participe à la bonne santé de ceux qui le pratiquent. Et un euro investi dans le vélo en rapporte 9 à la collectivité (emploi, diminution des coûts collectifs de la voiture…).

2° un réseau de lignes chrono

Il faut renforcer le réseau de surface de la STIB grâce à un meilleur maillage du territoire et en permettant à tout quartier de bénéficier d’une desserte rapide et de qualité grâce à un vrai réseau de lignes Chrono.
Actuellement, les trams et les bus sont largement prisonniers du trafic routier. L’irrégularité et la longueur des temps de parcours ainsi créées aboutissent à ce que les véhicules se retrouvent les uns derrière les autres. En augmenter le nombre dans de telles conditions n’aura aucune influence sur la qualité du service. Les voyageurs attendront toujours autant et verront arriver trois ou quatre bus ou trams qui se suivent plutôt que deux ou trois actuellement. Une ligne chrono, c’est une ligne desservie par des trams ou des bus immunisés du reste de la circulation grâce à des sites propres et des feux télécommandés, de telle façon qu’ils ne s’arrêtent qu’au moment de débarquer et embarquer leurs voyageurs. Le transport de surface est le seul qui permette un maillage suffisamment fin du territoire pour que tous les quartiers bénéficient d’une desserte de qualité. Avec ses 7 500 travailleurs, la STIB est également le premier employeur de Bruxelles et la plupart de ses travailleurs sont bruxellois. Elle offre de l’emploi à des personnes peu ou pas qualifiées, sans discrimination, et prend en charge leur formation. La proposition de réseau Chrono d’Ecolo permettrait la création directe de 1000 emplois !

3° la mise en œuvre du REB (Réseau Express Bruxellois)

Bruxelles est la région urbaine qui concentre la plus forte densité de réseau ferré en Europe. Pourtant, alors qu’elle dispose de 31 haltes et gares idéalement réparties sur son territoire, cette formidable infrastructure est largement sous-exploitée par la SNCB qui préfère concentrer le trafic sur la jonction Nord/Midi.

Dans un esprit de simplicité volontaire et de bon usage des ressources, il est indispensable que des trains roulent enfin sur tous les rails et s’arrêtent dans toutes les gares, y compris le soir et le weekend. C’est pourquoi, avec des experts et conseillers, j’ai développé un projet de réseau REB qui ferait exploser l’accessibilité de tout Bruxelles en transport public ultra rapide.

Par ailleurs, cela soulagerait largement la STIB qui doit actuellement prendre en charge sur son réseau les voyageurs que la SNCB abandonne dans les pôles principaux au lieu de les convoyer jusqu’à la gare la plus proche de leur destination. Résultat : un quart des voyageurs de la STIB sont des navetteurs. Cette proportion, plus élevée encore en heure de pointe, a un coût exorbitant car elle oblige la STIB à investir dans une augmentation de la capacité maximale de son réseau, c’est-à-dire dans plus d’infrastructure au détriment de la desserte de weekend et de soirée. Le REB permettrait à la STIB de retrouver des marges de manœuvres que ce soit pour diminuer le prix de ses tickets ou améliorer les fréquences en heures creuses.

Le REB, c’est du temps et de l’argent gagné pour les Bruxellois mais aussi pour les navetteurs.

4° la création d’un péage urbain dans l’hypercentre de Bruxelles aux heures de pointes

La voiture individuelle a un coût externe (pollution, accidents, congestion…) qui est actuellement payé par la collectivité. Ce coût est encore plus élevé lorsqu’on est en milieu urbain en heure de pointe. Or, ce sont les plus faibles qui en assument la plus grande part alors que, paradoxalement, ce sont eux qui généralement, ne possèdent pas de voiture (ce qui est le cas de près 40% des ménages bruxellois). En effet, les plus pauvres n’ont pas les moyens d’habiter dans les rues les plus aérées et les moins fréquentées, ce sont leurs poumons et ceux de leurs enfants qui dégustent au premier chef les particules fines produites par les autos. Ce sont leurs enfants qui n’ont pas d’espace pour jouer à l’extérieur et sont en permanence exposés au bruit, à l’insécurité routière et à un espace public dégradé.

C’est pourquoi je défends un péage urbain confiné au pentagone élargi à certaines zones d’emploi (gare du Nord, du Midi et quartier européen). En effet, ces quartier-là bénéficient déjà d’une bonne desserte en transports publics et concentrent la majeure part de l’emploi à Bruxelles. Venir y travailler en voiture a un coût très élevé pour la collectivité alors qu’il est possible d’y arriver facilement en transport en commun.

Enfin, de nombreuses entreprises connaissent des difficultés d’accessibilité liées à la congestion. Leurs livreurs et leurs visiteurs peinent à les rejoindre et certaines envisagent de se délocaliser à l’extérieur de la région. Un péage urbain central est une réponse à ce risque et contribuerait à garder l’activité économique en milieu urbain. Les villes qui s’y sont essayées n’ont d’ailleurs pas connu de délocalisations hors de la zone payante, que du contraire ! C’est la congestion qui fait fuir.

Un péage urbain central sur le modèle londonien est une mesure sociale et environnementale qui est également bénéfique pour l’économie. Ce n’est pas pour rien que c’est « Ken le rouge » qui l’a instauré à Londres quand il en était le mayeur…

Ces quatre mesures suffiraient à nous faire basculer dans un cercle vertueux au bénéfice de tous, habitants ou visiteurs ou navetteurs.

Toutes ces propositions existent dans de nombreuses villes et ont fait leurs preuves. Refuser de les appliquer, c’est s’opposer:

- à la création facile de nombreux emplois non délocalisables, y compris peu qualifiés,
- à lutter contre l’exode urbain,
- à protéger la santé des enfants, premières victimes des particules ultrafines produites par le trafic routier,
- à permettre une diminution du prix du ticket STIB grâce à une diminution de l’argent perdu dans la congestion et dans de coûteux investissements souterrains,
- au renforcement de l’économie par une meilleure accessibilité des entreprises et une réduction du temps perdu dans les déplacements,
- à ne plus faire supporter par les plus faibles le coût collectif de la voiture,
- à un cadre de vie agréable pour des centaines de milliers de Bruxellois.

Et surtout, refuser de changer de toute urgence la situation actuelle, c’est empêcher la lutte vitale contre le réchauffement climatique.

Parce que la mobilité, c’est l’infrastructure qui détermine la superstructure, j’en fais ma priorité !

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