Mauvaise journée pour les claustrophobes

A partir d’aujourd’hui, la Stib va entamer la fermeture complète de son réseau souterrain, en activant le « check-out ». Concrètement, l’usager devra pointer sa carte Mobib pour pouvoir quitter la station et se retrouver à l’air libre.
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Image: 7sur7.be

Ce bouclage des portiques à la sortie des stations démarrera avec celles du prémétro-tram, soit une dizaine d’arrêts, pour ensuite être étendu aux stations de métro. Ce changement se concrétisera progressivement, station par station, et est, dès aujourd’hui, lancé à la station Albert, point du réseau qui a accueilli le test mené fin 2013. Dès l’annonce de ce test, j’ai interpellé la ministre Brigitte Grouwels. Qui nous a appris que, si le portique ne s’ouvre pas, l’usager devra s’acquitter d’une somme de 6 euros via un texto, ou faire appel à du personnel de station qui lui réclamera la surtaxe. En cas de défaillance de la carte Mobib – cas de figure qui n’a rien d’exceptionnel – l’usager victime de l’avarie est donc supposé se rendre à un guichet Bootik ou Kiosk pour changer sa carte, et ensuite engager une procédure de remboursement auprès de la Stib. Si cette défaillance intervient entre l’entrée et la sortie du réseau, l’usager devra, a priori, s’acquitter de la surtaxe de 6 euros pour se faire rembourser par après (ou rebrousser chemin pour dénicher un point de vente). Qui plus est, certains guichets Bootik ont été fermés.

Que feront les personnes ne disposant pas d’un téléphone portable – comme les enfants par exemple-, ou dont le téléphone ne serait pas en état de communiquer, pour cause de batterie plate ou de crédit insuffisant. Auront-ils une autre solution que d’appeler le personnel de station ? Et d’attendre le temps qu’il faudra pour qu’un agent arrive. Idem pour un voyageur qui se serait fait voler son portefeuille contenant son titre de transport (et éventuellement, du même coup, son téléphone) durant le voyage. Visiblement, chacun de ces cas de figure devra être réglé en appelant le personnel de station, personnel de moins en moins présent, et insuffisamment nombreux. A la question du temps d’attente pour l’arrivée d’une équipe de la Stib, aucune réponse n’a pas pu être donnée par la ministre : aucun temps d’attente n’a été fixé, celui-ci dépendra de l’endroit où se trouvent les agents en service, alors que ces équipes ne sont pas en surnombre et sont aussi chargées de missions plus urgentes ou sérieuses. Cette utilisation des ressources humaines de la Stib me semble pour le moins étonnante. Si, sur les réseaux d’autres pays ayant adopté ce système de fermeture, une présence humaine est assurée, ce ne sera pas le cas ici. Tout cela n’améliorera pas l’ambiance dans les stations, augmentera le stress et donc le sentiment d’insécurité. En effet, être enfermé dans une station et être dépendant de la technologie pour pouvoir en sortir, surtout à des heures où il y a peu de monde – et encore moins d’agents – dans les stations, est particulièrement stressant.

Sécurité Enfin, j’ai questionné la ministre quant aux exercices d’évacuation, en cas d’incendie ou d’explosion dans une station, pour apprendre qu’aucun exercice de ce type n’avait été prévu dans l’optique de l’introduction du check-out, celui-ci ne modifiant pas la situation en ce qui concerne la sécurité, la procédure d’évacuation étant identique.

Bref, il faudra attendre une catastrophe nécessitant une évacuation rapide et massive pour savoir si les portiques peuvent coûter des vies.

Retrouvez le compte-rendu de cette interpellation ici.

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