Vote électronique : l’exemple du Vénezuela

Ce 7 juin, une partie des électeurs belges va une fois de plus voter à l’aide d’ordinateurs. Un système régulièrement mis en cause pour son manque de transparence, de fiabilité et qui rend impossible le contrôle citoyen de cet exercice démocratique. Il existe pourtant un pays qui utilise un système de vote automatisé qui répond à tous ces critères : le Vénezuela, où j’ai eu à plusieurs reprises l’occasion d’accompagner un processus électoral exemplaire.

Ma dernière mission d’accompagnement d’un processus électoral au Vénezuela remonte au referendum du 15 février de cette année. Cette fois, j’ai même pu aller visiter l’usine où sont configurées les machines à voter. Je ne me suis pas privée de poser de nombreuse questions. Mais rien à faire, bien que je sois plutôt méfiante face aux techniques de vote automatisé, je n’ai toujours pas trouvé de faille dans le système vénezuelien. Et la pourtant très vivace opposition, qui ne manque pas de ressources ni d’experts, non plus. Il faut dire qu’à toute les étapes du processus, des témoins de tous les camps sont invités à participer. Y compris dans cette usine où des machines à voter sont tirées au sort et testées par les témoins de parti. On est loin de l’opacité du système belge.

Comment l’électeur vénezuelien doit-il faire pour voter ?

Arrivé devant le centre de vote, l’électeur doit consulter la liste affichée à l’entrée pour savoir dans quel bureau il doit se rendre. Une fois dans le bureau, il remplit le registre électoral en le signant et en y apposant ses empreintes digitales. Une première étape pour éviter les votes multiples ou sous une fausse identité. Il semble donc qu’ici, les morts ne puissent pas voter. Ensuite, il se rend devant la machine à voter qui est protégée des regards par un paravent en carton, enregistre son vote et le valide. Une fois le vote confirmé, la machine imprime un ticket qui indique le vote enregistré. L’électeur va lui-même glisser ce ticket dans une urne. La dernière étape consiste à tremper son auriculaire dans une encre indélébile (j’ai testé, ça prend plusieurs jours pour partir) qui offre une garantie supplémentaire contre les votes multiples.

Le dépouillement est également un moment important auquel assistent les membres du bureau et les témoins politiques et des comparaisons sont effectuées entre les résultat de certains ordinateurs et les votes imprimés pour vérifier la bonne marche du système.

Si le vote automatisé vénezuelien semble techniquement irréprochable, un enseignement à en tirer, c’est qu’une partie de sa légitimité vient de la participation citoyenne qui l’accompagne. A chaque étape des témoins de tous les camps sont réllement présents et les bureaux de vote ne sont pas désertés par les assesseurs qui donnent volontiers de leur temps le jour du vote mais aussi lors de formations préalables. Pourtant, le Vénezuela est un pays où on vote plus souvent qu’en Belgique. Mais c’est également un pays où le débat politique est très présent et où les citoyens sont conscients de l’importance de donner leur avis.

Il y a fort à parier que si le Vénezuela avait le même système de vote que la Belgique, les résultats des élections ne seraient pas validés. Il est grand temps de décider si la Belgique veut revenir au vote papier classique ou si elle veut un vote automatisé de qualité. En tout cas, il est urgent d’abandonner nos vieux coucous équipés de disquettes…

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